Actualités

Projet minier de Khémisset bloqué : Emmerson réclame 2,2 milliards de dollars au Maroc

Par Maghreb Émergent 2 mai 2025

La société britannique Emmerson Plc a engagé une procédure d’arbitrage contre le Maroc concernant le rejet d’un projet minier. L’entreprise réclame 2,2 milliards de dollars de dédommagement, l’équivalent de 20 milliards de dirhams marocains.

Le conflit a débuté fin 2024 lorsque les autorités marocaines ont rejeté l’étude d’impact environnemental du projet de potasse de Khémisset. La Commission régionale unifiée d’investissement (CRUI) a justifié cette décision en considérant que la consommation d’eau du projet était excessive et incompatible avec l’équilibre écologique local, dans une région confrontée à des pressions croissantes sur ses ressources hydriques.

Emmerson maintient avoir respecté toutes les normes environnementales et affirme même avoir dépassé les exigences locales habituelles.

Cadre juridique de la réclamation

En mai 2025, Emmerson a déposé sa demande auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution affiliée à la Banque mondiale. L’entreprise fonde sa réclamation sur le traité bilatéral d’investissement Maroc-Royaume-Uni en vigueur depuis 2002.

Emmerson qualifie la décision marocaine d’ “expropriation illégale” et d’ “acte arbitraire” violant le traité bilatéral qui protège les investissements étrangers contre toute forme d’expropriation sans compensation.

Procédure d’arbitrage en cours

Le cabinet d’avocats américain Boies Schiller Flexner représente Emmerson dans cette affaire. L’entreprise a obtenu un financement de 11,2 millions de dollars pour couvrir les frais juridiques. La procédure devrait s’étendre sur environ deux ans.

L’arbitrage suivra plusieurs étapes comme l’explique Emmerson dans son communiqué. A commencer par le constitution du tribunal arbitral, dépôt des mémoires écrits, puis audience sur le fond. Il est à noter qu’Emmerson avait préalablement tenté un règlement à l’amiable, mais l’absence de réponse de la part des autorités marocaines a conduit à cette escalade juridique.

Graham Clarke, directeur général d’Emmerson, a déclaré que le dépôt de la demande marque “le début formel du processus contentieux”. Le projet représentait un atout stratégique pour le Maroc qui importe actuellement une grande partie de sa potasse.

ARTICLES SIMILAIRES

Actualités

Transport public en Algérie : L’équation impossible des tarifs de 2018 face aux coûts de 2026

Le premier janvier 2026 marque un nouveau coup dur pour le secteur du transport public de voyageurs en Algérie. Les charges des transporteurs publics de voyageurs vont augmenter à compter… Lire Plus

À l'honneur Á la une

9.500 Algériens arrivés en Espagne par mer en 2025, un aller sans retour

Près de 9.500 Algériens ont rejoint l’Espagne par la mer en 2025, indique El Confidencial, citant des sources non officielles. Seules vingt personnes ont été rapatriées, ajoute le média, l’Algérie… Lire Plus

Actualités

Filtres, freinage : Fiat Algérie accélère l’intégration locale

Trois ans après le lancement de son activité industrielle en Algérie, Stellantis El Djazaïr franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’ancrage local. Le groupe automobile, qui opère notamment la… Lire Plus

Actualités

Marché automobile en Algérie : 2025 s’achève sur la persistance d’une crise structurelle

Le marché automobile en Algérie termine l’année 2025 exactement comme il l’a commencée : sous le signe d’une crise persistante qui dure depuis plusieurs années. Malgré les espoirs nourris en… Lire Plus

À l'honneur Á la une

L’annulation d’une subvention pour la mosquée de Metz clôt une année très islamophobe en France

« Tapez muslim, muslim, muslim. » Le mot d’ordre attribué à CNews semble avoir trouvé son prolongement jusqu’au dernier jour de l’année 2025 en France. Les musulmans s’y retrouvent une… Lire Plus