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Torchage de gaz : l’Algérie réalise la deuxième meilleure performance mondiale

Par Lynda NACER 7 décembre 2025
Flamme orange vif d'une torchère industrielle brûlant du gaz naturel sur fond de ciel bleu.
Torchère de gaz sur un site de production pétrolière. L'Algérie a réduit de 5 % ses volumes de gaz brûlé en 2024. (DR)

L’Algérie a réalisé en 2024 la deuxième plus forte réduction mondiale du volume de gaz torché. Une performance qui place le pays en tête des efforts internationaux, avec une baisse de 5 % des volumes brûlés et un recul de 3 % de l’intensité de torchage par unité de production, selon le rapport de la Banque mondiale pour la réduction du torchage et du méthane.

“L’Algérie a enregistré en 2024 la deuxième plus forte réduction mondiale du torchage de gaz”, indique le rapport publié le 4 décembre 2025. Cette amélioration résulte, selon la Banque mondiale, “à la fois d’une baisse de la production et d’une diminution de l’intensité du torchage”. Les volumes de gaz brûlé ont chuté de 5 %, tandis que l’intensité de torchage par baril produit reculait de 3 %.

Depuis 2020, Sonatrach multiplie les projets de récupération à Hassi Messaoud, le plus grand champ pétrolier du pays. En 2023, la compagnie nationale a étendu ses initiatives à Tiguentourine, Ohanet et Tin-Fouye-Tabankort. Ces infrastructures permettent de capter le gaz qui était auparavant brûlé pour des raisons de sécurité ou faute de moyens de transport.

Une trajectoire amorcée dès 2023

Cette performance confirme une tendance déjà observée l’année précédente. En 2023, l’Algérie avait réduit ses émissions de 4 % par rapport à 2022, d’après le rapport Global Gas Flaring Tracker cité par l’agence Ecofin. Le pays figurait alors parmi les rares nations à avoir inversé la courbe, aux côtés de la Chine qui affichait une baisse de 5 %.

Lire aussi : L’Algérie fait des progrès en matière de réduction du torchage du gaz

Les résultats du pays contrastaient déjà avec la tendance mondiale. Le torchage global avait bondi de 9 milliards de mètres cubes en 2023. Une étude publiée par Rystad Energy en octobre 2024 montrait que les émissions de gaz à effet de serre liées au torchage avaient augmenté de 7 % entre 2022 et 2023.

“Les activités en amont émettent au total environ 1 gigatonne de dioxyde de carbone par an”, déclarait la société norvégienne de recherche, avec “le torchage contribuant à environ 30 % de ces émissions en 2023”. L’analyse de Rystad, appuyée sur des données satellitaires et des inventaires croisés, identifiait la Russie, le Moyen-Orient, l’Afrique et les États-Unis comme les principaux moteurs de cette hausse.

La Russie arrivait en tête avec 28 milliards de mètres cubes de gaz brûlé à la torche, soit une hausse de 12 % en glissement annuel. L’Iran enregistrait une progression de 18 %, atteignant près de 20 milliards de mètres cubes. Les États-Unis et la Libye connaissaient des augmentations de 20 % et 26 % respectivement. Ensemble, ces régions représentaient 70 % du torchage mondial.

Un plan d’investissement de 50 millirads de dollars

Bien qu’en théorie des engagements aient été pris pour endiguer le phénomène de brûlage à la torche, la matérialisation tardait à l’échelle mondiale en 2023. Le torchage du gaz consiste à brûler le gaz naturel excédentaire libéré lors de l’extraction du pétrole brut. Cette pratique courante génère d’importantes émissions de CO2 tout en gaspillant une ressource énergétique.

Pour l’Algérie, dont les exportations gazières pèsent lourd dans les recettes extérieures, la maîtrise du torchage revêt une dimension économique et diplomatique. Sonatrach a annoncé un plan d’investissement de 50 milliards de dollars sur la période 2024-2028, dont 36 milliards destinés à la production gazière. La compagnie vise une capacité annuelle de 200 milliards de mètres cubes d’ici 2030.

À lire aussi : Sonatrach perd jusqu’à 4 milliards de dollars par an : le torchage du gaz, un gouffre financier pour l’Algérie

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