Les nouvelles dispositions encadrant les séjours touristiques organisés par les agences de voyages vers la Tunisie bouleversent profondément l’activité du secteur. Longtemps considérée comme une destination rentable et centrale pour les professionnels du voyage, la Tunisie a perdu ce statut depuis quelques semaines.
En cause : une nouvelle réglementation édictée par le ministère des Transports, qui a contraint la quasi-totalité des agences de voyages à annuler leurs programmes de séjours touristiques par voie routière vers la Tunisie. Ces annulations massives s’expliquent par l’impossibilité, pour la majorité des agences, de satisfaire l’ensemble des conditions désormais exigées pour obtenir une autorisation officielle.
Parmi les mesures jugées les plus contraignantes figure l’obligation d’utiliser des bus âgés de moins de dix ans. Une exigence difficilement applicable, compte tenu de l’âge moyen du parc de transport touristique en circulation dans le pays. À cela s’ajoute l’obligation de fournir la liste complète des voyageurs au moins quinze jours avant la date de départ, ce qui complique fortement la commercialisation de séjours, traditionnellement marquée par des inscriptions tardives.
La nouvelle réglementation impose également la présence de deux conducteurs par bus et limite chaque véhicule à un seul voyage par mois. Autant de restrictions qui alourdissent les coûts et réduisent la rentabilité des opérations.
« Ces conditions ruinent à petit feu les agences de voyages », déplore un professionnel du secteur, qui a requis l’anonymat. Selon lui, l’organisation de séjours touristiques vers la Tunisie constitue l’activité principale, voire la plus importante, pour la majorité des agences. « Les priver de cette destination, c’est tout simplement les condamner à la faillite », affirme-t-il, sans détour.
Un appel aux autorités pour assouplir ces conditions
Le maintien de ces conditions pourrait conduire les agences de voyages à réduire leurs effectifs, voire à la fermeture de certaines, notamment celles qui ont fait de l’organisation des séjours touristiques en Tunisie leur unique activité. « Le nombre d’agences en activité va certainement baisser avec ces conditions, et des emplois seront perdus », prévient-il. Enfin, il lance un appel aux autorités à revoir ces mesures afin de sauver les agences de voyages de la disparition certaine.
Les autorités justifient ces mesures par la volonté de lutter contre le détournement de l’allocation touristique de sa vocation initiale. Un argument que conteste notre interlocuteur, qui estime que le problème est né de l’augmentation récente de cette allocation. « On était mieux avant le relèvement de l’allocation touristique à 750 euros, décidé le 20 juillet dernier », reconnaît-il.
Selon lui, l’ancien dispositif favorisait un marché plus encadré : « Il y avait moins d’opérateurs, mais davantage de respect des normes. L’augmentation de l’allocation a attiré des opportunistes, encouragé des pratiques illégales et porté atteinte à la réputation de l’activité des agences de voyages. »
En attendant un éventuel assouplissement ou une révision de ces règles, le secteur se retrouve à l’arrêt sur l’axe tunisien, avec des conséquences économiques lourdes pour des agences déjà fragilisées.