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9.500 Algériens arrivés en Espagne par mer en 2025, un aller sans retour

Par Oussama Nadjib 1 janvier 2026

Près de 9.500 Algériens ont rejoint l’Espagne par la mer en 2025, indique El Confidencial, citant des sources non officielles. Seules vingt personnes ont été rapatriées, ajoute le média, l’Algérie refusant de coopérer dans ce domaine, ce qui fait de ces traversées un véritable aller sans retour. L’article signé par le journaliste Ignacio Cembrero est illustré par une image des fameux sept mineurs algériens qui ont fait un « débarquement » remarqué à Ibiza.
La pression migratoire s’est concentrée de manière inédite sur les îles Baléares. Jusqu’à la mi-décembre 2025, 7.406 migrants y ont débarqué, d’après des données officielles du ministère de l’Intérieur espagnol, soit une hausse de 27,3 % par rapport à 2024. Tous les bateaux provenaient d’Algérie, même si des migrants subsahariens figuraient également parmi les passagers. Pour la première fois depuis que l’Espagne dispose de statistiques migratoires, l’archipel baléare a accueilli sur une seule année autant de migrants que l’ensemble de la péninsule ibérique.

14.000 personnes au départ de l’Algérie

Dans le reste de l’Espagne, l’immigration irrégulière a reculé. Les îles Canaries ont enregistré 17.555 arrivées en 2025, soit une baisse de 60 % par rapport à 2024, tandis que l’Espagne continentale a comptabilisé 7.332 arrivées, une diminution de 11,8 %. Almería constitue l’exception, avec environ 4.900 migrants débarqués par mer, la majorité venant de la côte algérienne, selon les données du ministère de l’Intérieur.
Selon des estimations non officielles des forces de sécurité, rapportées par El Confidencial, environ 14.000 personnes auraient quitté les côtes algériennes par mer vers l’Espagne en 2025. Il n’existe, en pratique, aucune autre voie d’entrée irrégulière depuis l’Algérie. Parmi ces départs, environ 9.500 seraient des ressortissants algériens, le reste comprenant principalement des migrants subsahariens, notamment 1.700 Somaliens, selon les mêmes sources. Ces chiffres doivent néanmoins être interprétés avec prudence, car ils reposent sur des estimations non officielles et ne permettent pas d’établir la correspondance exacte entre les départs et les arrivées.
Une coopération compliquée
L’Espagne ne parvient presque jamais à rapatrier les Algériens. En 2025, seuls vingt retours ont été effectués, soit 0,2 % du total des arrivées, selon des données internes du ministère de l’Intérieur, non publiées officiellement. À l’inverse, le Maroc a accepté environ 780 retours, représentant 28 % des expulsions réalisées. La majorité des Algériens entrés irrégulièrement en Espagne tentent ensuite de rejoindre la France.
Selon El Confidencial, l’affaire des sept mineurs arrivés à Ibiza, qui a défrayé la chronique, illustre les difficultés de coopération entre l’Algérie et l’Espagne. Alger, se basant sur une demande des parents, a demandé leur rapatriement, mais, indique le média citant des sources judiciaires, le parquet espagnol s’y oppose.
La “route algérienne” source de préoccupation
La route migratoire algérienne est aujourd’hui l’une des plus préoccupantes pour l’Espagne, avec celles menant à Ceuta et Melilla. Les autres itinéraires, en provenance du Maroc, du Sahara occidental ou de Mauritanie, sont en net déclin depuis que Rabat a renforcé son contrôle migratoire à la suite du soutien espagnol à son plan d’autonomie pour le Sahara occidental.
À Ceuta, plus de 3.400 migrants marocains sont entrés à la nage en 2025, selon des chiffres officiels. À certains moments de l’année, la ville a accueilli plus de 600 mineurs non accompagnés simultanément. Le ministère de l’Intérieur ne publie pas de données officielles sur les décès en mer et ne communique pas le nombre de corps récupérés, bien que l’article mentionne environ 40 cadavres de nageurs retrouvés à Ceuta. L’ONG Caminando Fronteras estime, de source non officielle, que 1.037 migrants sont morts sur la route maritime vers les Baléares en 2025.
Pour rappel, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, s’est rendu à Alger le 20 octobre pour sa première visite officielle depuis la crise diplomatique de 2022-2023. Lors de cette visite, il a également été noté que, contrairement au Maroc, l’Algérie n’a sollicité aucune aide financière de l’Union européenne pour lutter contre l’émigration irrégulière.

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